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Trampled rose : La Rose piétinée
Cette association, toute jeune, a été fondée par Rebekah Kiser, une américaine aussi volontaire que généreuse, pour venir en aide aux jeunes femmes et très jeunes filles victimes de fistule obstétricale Elle offre un refuge aux femmes en attente de l'intervention chirurgicale qui leur rendra une dignité et une vie normale
A Addis-Abeba, et seulement là, un hôpital de la fistule dispose d'une équipe de chirurgiens et d'infirmières formés à opérer et soigner ce traumatisme gynécologique gravissime. 5 nouveaux centres seront bientôt ouverts dans d'autres villes. Les femmes y viennent, à pied le plus souvent, de toute l'Ethiopie, parfois avec un enfant. Une d'entre elles a mis plus de 7 ans!! Lorsqu'elles arrivent, elles sont seules, en détresse, épuisées et dénutries. L'hôpital n'a pas de moyens d'hébergement pour les recueillir, améliorer et soigner leur état physique et psychologique avant qu'elles soient opérées.
Une chambre
En quelques chiffres : La maison dispose de : 25 places de couchage en 2 dortoirs et 1 chambre pour les plus malades (2 lits) Une "vraie" salle de bains et des toilettes Une buanderie extérieure ou laver le linge Une cuisine Un petit bureau 2 responsables (dont Rebekah) En 2007 Trampled Rose s'est beaucoup développé, comme nous avons pu le constater lors de la visite de l'un des membres de Gwadenia en octobre.
Trampled Rose développe une deuxième phase de ses activités en Ethiopie
Le dortoir du refuge et les douches solaires
Depuis février 2006 la maison d'accueil pour jeunes femmes porteuses de fistule obstétricale et en attente d'intervention chirurgicale, s'est agrandie, portant à 52 le nombre de places pour les femmes qui peuvent s'y réfugier. Elles y sont accueillies durant toute la période d'attente d'une place à l'hôpital où elles sont opérées de la fistule obstétricale dont elles souffrent. Des douches solaires et des sanitaires modernes y ont été installés.
Réservoir d'eau et lavoir du refuge
Et Trampled Rose a voulu continuer à accompagner ces femmes, au sortir de l'hôpital, afin de leur donner toutes leurs chances de retrouver une vie autonome, décente et digne. Il faut savoir en effet, que nombre d'entre elles ne peuvent pas retourner dans leur village, le plus souvent parce que la stigmatisation sociale de la fistule est telle dans les coutumes traditionnelles, qu'elles sont irrémédiablement rejetées.
Le projet de la phase II déjà en activité
Entrée de l'une des maisons
Quel est son objectif ? Donner à chaque femme les bases nécessaires à devenir autonomes. Développer les outils et les habiletés de chacune de ces jeunes femmes Renforcer ainsi leur confiance en elle et en leur capacité à démarrer une nouvelle vie.
Concrètement, comment agit Trampled Rose ?
Une chambre
1. D'abord, il faut s'assurer que chaque femme candidate au projet est en bonne santé, et que le traitement de sa fistule est terminé. Ensuite, ces jeunes femmes sont regroupées dans une grande maison où elles disposent d'une chambre pour 4 personnes, sanitaires et cuisine étant communs. Les 2 maisons comportent 10 à 12 chambres. La capacité d'accueil de Trampled Rose est donc d'environ 100 femmes. Chacun de ces petits ilots de 4 femmes constitue, en quelque sorte leur nouvelle famille. 2. La première partie de leur formation est consacrée à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, du calcul ainsi que de notions d'hygiène et de santé. L'hygiène personnelle est très importante pour ces femmes qui ont été gravement déchirées à l'accouchement. Elles doivent en avoir conscience et la respecter. 5 personnes (professeur ou tuteur) assurent cette formation En même temps les tuteurs les aident à évaluer leurs propres habiletés.
La salle de formation
Les femmes se partagent les coûts d'entretien et de vie dans la maison. Chacune reçoit 200 ETB (environ 17 €) par mois. Elle doit utiliser cet argent pour contribuer sa nouvelle communauté familiale. Elle apprend à déposer de l'argent en banque, payer ses dépenses de santé, tenir un budget, ouvrir un petit commerce…. Cette première étape dure un an. Son financement est en grande partie assuré grâce à la générosité de personnes privées ou d'entreprises qui prennent en charge le coût d'une chambre (1000 ETB/mois pendant 12 mois).
La plus grosse difficulté aujourd'hui pour Trampled Rose c'est de trouver une personne : infirmière, officier de santé ou médecin, pour assurer la formation aux notions d'hygiène de contraception, de protection contre la contamination par le VIH….et former un formateur.
Des clients prennent le thé en fin de journée
3. Pour celles qui ont suivi cette année de formation avec succès : c'est-à-dire qu'elles seront quasi autonomes, l'étape suivante constitue à entreprendre et à apprendre en même temps. L'expérience de terrain de Trampled Rose montre clairement que c'est la création de sa propre entreprise qui est le meilleur moyen d'apprendre à une femme à avoir des idées créatives pour gagner un peu plus d'argent. Chaque sou ainsi gagné est à elle pour en faire ce qu'elle veut. Elles peuvent alors vivre dans une autre maison, toujours par groupe de 4, où elles doivent payer leur part de loyer. Elles doivent donc gagner par elles-mêmes au moins 200 ETB/mois pour payer cette part de loyer et 3 à 400 ETB/mois pour vivre de façon autonome et faire tourner leur commerce. A ce stade, elles ne reçoivent plus d'argent de Trampled Rose. Cependant elles font toujours partie de la communauté et peuvent participer, chaque fois qu'elles le souhaitent, à des formations, des ateliers, des repas etc.… L'équipe de direction de Trampled Rose reste disponible pour les coacher ou les encourager. Pour les aider à mettre sur pied leur autonomie financière Trampled Rose a investi dans 1 premier projet qui fonctionne maintenant : c'est le restaurant avec mini-marché.
Le Restaurant
Déjeuner au restaurant avec l'Ambassadeur de France, une équipe de l'association française
C'est la première micro-entreprise qui a été créée par les femmes à l'issue de leur année de formation. Plutôt qu'un restaurant, l'endroit n'a pas grand-chose de commun avec le sens que nous donnons à ce mot en Occident, il s'agit d'un lieu où les ouvriers du quartier – qui sont nombreux dans ce district en pleine réhabilitation – peuvent venir à toute heure du jour trouver le plat de base consommé par les Ethiopiens, l'injéra. Cette sorte de grosse crêpe de farine de tef (céréale locale) avec quelques légumes et du chero (soupe de pois épicée, source de protéines) constitue à elle seule un plat complet. Ils y trouvent aussi le café traditionnel et du thé.
fabrication de l'injera et préparation du café traditionnel
Adjacent à cette cantine, les femmes commencent à développer un mini-marché où il est possible aux habitants du quartier d'acheter quelques légumes et produits de base…
Le mini-marché
Aujourd'hui ce mini-marché est très pauvrement achalandé. C'est pour lui donner un vrai coup de pouce de démarrage que Gwadénia vient de faire un don (oct 2007) de 1000 € à Trampled Rose. Cette somme permettra de constituer un vrai stock de base pour faire tourner ce commerce. 12 femmes peuvent aujourd'hui vivre décemment et autonomes de cette activité.
La création d’un espace public d’hygiène et de convivialité
Au cœur d'Addis Abeba, la plupart des gens ne dispose d'aucune des commodités sans lesquelles il serait devenu inconcevable de vivre pour un occidental ! Pour pallier cette situation, seuls existent des établissements publics payants plus ou moins propres, plus ou moins chers... L'idée est donc, sur un terrain d'environ 2000 m2, la construction de toilettes et de douches publiques ainsi que d'un lavoir. Un petit espace café y apporterait de la convivialité. Les femmes pourraient, à plusieurs, se partager la gestion de l'établissement, son entretien, les achats nécessaires (serviettes de toilette, savon, produits d'hygiène), et tenir le café. L'établissement qui aura une clientèle mixte sera ouvert 7 jours sur 7 au moins 12h par jour. Une estimation prévisionnelle évalue sa fréquentation à environ 25 personnes par jour. Le prix moyen dépensé par un client peut être estimé entre 15 et 25 ETB. L'investissement de base – location du terrain à la municipalité et construction du bâtiment sera fait par la Fondation TR. Il est évalué à environ 40 000 US$ Il doit pouvoir faire vivre décemment et de façon pérenne, 12 à 16 femmes. C'est donc sur ce projet qu'en France aussi nous devons nous mobiliser pour trouver 5000 € de contribution.
Le projet de ferme de poulets
Toujours dans le même quartier, Trampled Rose a identifié un terrain et un bâtiment où le projet de créer un élevage de poulets est possible. Comme toujours à Addis Abeba, les autorisations gouvernementales nécessitent du temps mais il n'existe plus aucun obstacle majeur. Cet élevage permettrait de vendre des œufs et des volailles et de diversifier l'offre de repas du petit restaurant. Ce nouveau chantier en cours permettrait de faire vivre environ 12 femmes. Gwadénia a la volonté de contribuer aussi aux investissements de base nécessaires à ce nouveau projet dont le budget d'investissement prévisionnel est en cours d'élaboration.
Trampled Rose veut voir plus loin.
Portraits de femmes
Une nouvelle étape est en cours de réflexion autour des aspects psychologiques du drame qu'elles ont vécu : comment retrouver l'estime de soi ? Comment se réaffirmer ? Retrouver ou gagner sa place dans la société ? Répondre à ces questions c'est aussi transformer l'image de la femme Ethiopienne, lui rendre sa dignité, lui donner barre sur les événements. Dans les pays pauvres, on sait bien que seule l'éducation des femmes et des enfants permet à terme une lutte efficace contre la misère et la souffrance.
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